Hubert, avec l’ensemble des élus communistes et républicains du territoire de la CARENE, tu signes, avec Marc Justy, une lettre à l’attention de l’ensemble des élus de ce territoire pour dénoncer la réforme territoriale, peux-tu nous expliquer la démarche ?
Une grande majorité des élus, dont la quasi-totalité des élus de gauche, dénoncent la réforme territoriale et l’assèchement des finances des collectivités locales. Il faut maintenant franchir une étape dans la résistance et proposer d’autres solutions : extension de la démocratie locale garantie par des finances pérennes, au service des habitants et des territoires. La période qui s’ouvre est favorable à des initiatives des élus en direction de la population à l’occasion du vote des budgets. Il est possible de susciter un large mouvement populaire pour refuser la réforme Sarkosy. De nombreux citoyens engagés dans le monde associatif, sportif, social, environnemental, culturel se rendent compte déjà des conséquences dramatiques des choix d’austérité fait par le gouvernement pour l’année 2011. Les élus communistes et républicains ont été depuis des années à l’offensive pour contester les choix de la droite , d’autres associations d’élus ont aussi contesté ces choix. Il ya donc, comme on dit, du grain à moudre pour mobiliser de larges secteurs de la population.
Concrètement, quels risques fait peser cette réforme pour un territoire comme la CARENE.
La Carène et les communes qui la composent seront directement impactées à travers la réforme de la Taxe Professionnelle, ressource essentielle de la Communauté d’Agglomération, le gel des dotations de l’Etat dans les trois ans à venir. Les dotations de solidarité de la Carène vers les communes seraient alors à nouveau gelées. Pour faire face, les communes et la Carène devraient alors augmenter les impôts de la population et réduire les budgets d’investissement. Ainsi la Carène a beaucoup investi les années passées dans les grands services publics locaux : eau, assainissement, collecte et traitement des ordures ménagères, transports en commun. Elle a développé une politique ambitieuse du logement social. Pour poursuivre ces politiques, les élus seraient contraints d’augmenter lourdement la fiscalité locale pesant sur les ménages… qui subissent comme jamais les bas salaires, la précarité, le chômage. Les élus communistes et républicains considèrent cette situation inacceptable et appellent donc à la mobilisation.
Dans cette lettre, vous proposez aux élus de voter un double budget, l’un « solidaire », l’autre en équilibre, pour quelles raisons ?
Les formes d’action des élus envisageables peuvent être multiples. La proposition des élus communistes et républicains de voter un double budget en est une : elle permet de montrer aux habitants, avec le premier budget équilibré, les contraintes fortes que la réforme Sarkosy fait peser sur nos villes , l’agglomération et la population ( investissements réduits, fiscalité des ménages alourdie) ; le second budget solidaire illustre ce qu’il serait possible de réaliser avec des collectivités disposant de ressources stables leur permettant de faire face aux besoins .C’est un moyen, parmi d’autres de faire monter la protestation et de promouvoir d’autres choix.